les fleurs du mal 1
les fleurs du mal 2

Coupez. Coupées…à la racine. Une incision vive et sèche. Définitive. Qu’elles soient rares ou communes, tropicales ou champêtres, les fleurs sont belles. Roses, coquelicots, tulipes, marguerites, lys, pivoines…C’est là tout leur mal. Les fleurs poussent sous leur meilleur jour, au printemps, en général. Ce printemps qui souffle, et bat la mesure, que le chapelet du temps égrène. Le mal qui fait du bien…Oui, parce que, voyez-vous, ces fleurs assassinées font éclore le bonheur entre les mains de la personne qui réceptionne le bouquet.

Ce printemps qui a soufflé, dès le 14 Janvier 2011, sur les pays arabes, répandant la pandémie de la population qui s’insurge contre ses dictateurs, détraqués, géniaux mégalomanes, mais surtout mélomanes du son de leur pouvoir démesuré et inhumain s’abattant sur la masse, ils se gargarisent de l’écho des injustices et des crimes perpétrés sur des décennies, des générations asservies, au gré de leur bon vouloir…Ce printemps , douceur brulante, aigreur savoureuse pour certains, et crissement des ongles sur un tableau de cire pour d’autres, voyez-vous, a changé notre fragment de terre. Parce que les fleurs, c’est périssable…disait Brel. Visionnaire, ce grand monsieur de la chanson Française. Mort un peu, même beaucoup, de nous avoir quitté.

Ne me quitte pas. Elle parle à son pays, parce qu’elle ne le quittera pas, elle ne le veut pas le quitter, parce qu’un ici vaut mille ailleurs. Parce qu’elle était à l’abri, lors de la violente et sanguinolente moisson des fleurs. Parce que le plus grand mal, chez nous, c’est d’être coupés de l’intérieur, pour l’intérieur, par l’intérieur…

Elle ne fait pas de politique. Ils sont bien assez à se battre en duel, chasse gardée, et estocades vénales et traitres engagées. Elle abhorre cette science occulte, venue elle aussi d’ailleurs, beaucoup plus pour le pire que pour le meilleur. Mais force est de constater que ce mal nécessaire est incontournable à la stabilité de son jardin, de notre jardin. Pour ne pas regarder si l’herbe est plus verte chez le voisin. Bien que ces derniers passent leur temps, leur énergie sombre et vainement machiavélique à lui miner les pourtours, et lui envoyer des termites, afin de ronger nos beaux jours. Elle est apolitique, tripartite de notre mot d’ordre : Dieu, La patrie, Le Roi. La seule politique qu’elle veuille bien reconnaitre, c’est celle de la terre brulée, et des tours de tables…Là où tout se fait, autour. Pendant la cour, et ses progressions dithyrambiques. Nous avons une belle forêt, autour du jardin. Ces arbres, censés nous protéger, nous laisser pousser et éclore, répandre un parfum suave et gouteux si bien à la vue qu’à l’odorat, ne cachent que la triste réalité : ils nous encerclent, pour mieux nous faucher, le moment venu, opportun, vicieusement scruté et appréhendé. Ils n’ont d’intérêt que cela…Nous sommes les fleurs, pour leur bouquet. Les plus belles, celles « d’un ami qui vous veut du bien ».

Une chose à laquelle ces arbres, traversant les saisons, les années, les décennies, de générations en générations sautant d’un corps à l’autre…De façon anarchique et injustifiée. Ces arbres-là, peuvent être arrachés par la nature, force suprême, élément incontrôlable et imprévisible, radical et irréversible, exponentiel, à n’importe quel moment. Comme la petite fleur, délicate et frêle, telle une ballerine, Etoile montante de l’opéra : fauchée par la moisson, de sa tige, d’un coup sec, au sommet de son art et de son éclat. …Pendant la belle saison, souvenez-vous, c’était il y a quatre ans : le printemps. Elle fut, injustement jugée. Cependant, comme le montre l’histoire, il se peut qu’un jour, à l’instar de Machiavel pendant la révolution conservatrice, elle devienne juge. Après…

P.S : Vous avez reçu un Message, GPS: de l’au-delà…

De la part Baudelaire, Les Fleurs Du Mal, « l’Ennemi »

« Ma jeunesse ne fut qu’un ténébreux orage,
Traversé çà et là par de brillants soleils;
Le tonnerre et la pluie ont fait un tel ravage,
Qu’il reste en mon jardin bien peu de fruits vermeils.

Voilà que j’ai touché l’automne des idées,
Et qu’il faut employer la pelle et les râteaux
Pour rassembler à neuf les terres inondées,
Où l’eau creuse des trous grands comme des tombeaux.

Et qui sait si les fleurs nouvelles que je rêve
Trouveront dans ce sol lavé comme une grève
Le mystique aliment qui ferait leur vigueur?

  • O douleur! ô douleur! Le Temps mange la vie,
    Et l’obscur Ennemi qui nous ronge le cœur
    Du sang que nous perdons croît et se fortifie! »
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One Comment on “Le mal des Fleurs

  1. Ma fleur préférée est le coquelicot, à la fois si fragile et indomptable, mais si éclatant, et si majestueusement beau quand il nappe de grandes étendues herbeuses…
    J’ai aussi beaucoup de sympathie pour les perces-neige, qui portent vraiment bien leur nom et sont capable de se frayer un chemin même à travers une couche de neige de plusieurs centimètres. Respect…
    Ces deux là, et bien d’autres encore, poussent et repoussent, se fichant pas mal de ce qui se passe autour d’elles.
    Le printemps revient toujours ! Et avec lui c’est un perpétuel émerveillement. On la leur fait pas, aux fleurs. Elles connaissent la musique, elles étaient là bien avant nous !

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