C’est une belle journée pour bronzer. A Marrakech. Coté Australien, le pays du Kangourou n’a pas le cœur à rire. Point de burning man. Silence, tous à vos smartphones : on brule. 

Des millions d’hectares, d’animaux, dévastés. La politique de la terre brulée autrefois pratiquée par les hommes en temps de guerre l’est aujourd’hui, mais par une politique Divine. 

Pour la population il faut un responsable, détresse et souffrance oblige : celui sur qui déverser sa colère et sa haine. C’est forcément la faute à quelqu’un ! Quelqu’un d’humain, entendons-nous bien…Si c’est Dieu, (dans l’absolu il est au courant de tout, mais dans les faits : les hommes ne valident pas leurs crimes avant de les réaliser), Si c’est lui, ca complique ostensiblement les choses…il n’y aura pas d’échanges possible. La frustration ne sera que plus grande, à l’image de la folle accusation. Mais ce jugement présomptueux et tout de même osé, voir irrespectueux (c’est De Dieu qu’il s’agit, et là, nous sommes à même de nous attirer Ses Foudres), n’éteindra pas la sourde douleur et la rouge colère qui transperce un pays, mais aussi les amoureux de La Vie , de ses habitants, de sa Nature. Sa Majesté la nature se meurt, au dela de Sydney. Les Koalas écument les jours incertains de leur espèce menacée. Les Australiens fulminent contre leur dirigeant. Qui ne font rien pour résorber le feu. Enfin, se battre contre un feu qui avale tout, absolument tout et regurgite des cendres, c’est ambitieux. De mémoire d’homme, le feu a toujours gagné, il a toujours accompli son forfait. Ce gigantesque brasier, qui décime tout sur son passage, avec cette beauté spectaculaire de danse macabre et puissante : la flamme est sensuelle dans son habit incandescent et rougeoyant. Elle est belle. Et elle tue. Paradoxal.

En se penchant sur les story des Instagrameurs (euses), nous passons du « OOTD », des selfies ego narcissiques, du « quel personnage Disney es-tu », de la routine make up du week end, et : une image de maison en feu ; désespoir apocalyptique. Un kangourou OVNI semble traverser l’image, sautillant, perdu. IRREEL. Aussi irréels que la diffusion et la banalisation de La détresse et de l’agonie d’une nation : ils sont noyés entre le dernier gloss, le boomerang de leur propre mariage (sisi véridique : on met en scène les plus beaux moments de sa Vie pour l’amour de l’audience) et le « always finish with a sweet ».  Un bref aperçu de l’enfer.  Ca pique les yeux , ca serre la gorge. L’odeur remonte le long des sinus et de la trachée… Ce n’est qu’un écran, se ressaisir. J’ai mal, pas seulement pour les Australiens (je suis triste et de tout cœur avec eux), mais une tout autre inquiétude me gagne : la vulgarisation d’un lent suicide collectif planétaire. Presque insouciant. Vicieusement inhérent au quotidien. Ce n’est plus le traitement d’une information grave, avec tout son pesant, son poids, le respect a la vie et le droit a la dignité de millions de personnes en danger ; en guerre contre un siège grandiose et tout puissant : le feu. 

Non, A crier au loup, ici on crie au feu, et personne ne regarde vraiment. Sauf sur Instagram. 

Prendre du recul, perplexe, et essayer de rassembler les morceaux d’un puzzle ou l’image est schizophrène : l’information aujourd’hui se trouve entre une pose photo, un selfie, un boomerang du plat principal, et un tuto « souriez, vous êtes photo-filtrée ».

Je ne sais s’il faut applaudir, ou hurler au secours…. J’AI PEUR. C’est viral, vicéral, surpuissant et indomptable… tout le monde est addict- j’avoue aussi pratiquer ma « religion digitale » avec ferveur- Mais à l’ère ou Jésus a beaucoup de succès car attendu par des 100aine de millions de fidèles (c’est bientôt la fin, faites vos comptes, vos excuses, vos rattrapages en générosité et autres pratiques « bonus » , et enfin vos valises , l’heure est proche) , il a commencé avec 12 followers fidèles et sincères. Il a 2000 ans de notoriété.  La comparaison est injuste, mais nécessaire : se rendre compte que les repères sont biaisés, que ce qui était ludique et divertissant devient omnipresent, abrutissant, lobotomisant et énergivore, et que ce qui était important et vital devient secondaire, et bancal. Bancal. A l’heure ou les syndromes et pathologies mentales sont légions (dépression, burn out etc), une pensée de Jiddu Krishnamurti prend tout son sens :  Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que d’être bien adapté à une société profondément malade…Je décide d’allumer ma télé ce soir et de zapper entre arte, BFM, TEVA, Fox et nat geo. Et surtout : de regarder la pub, d’apprécier chaque jingle, et d’attendre religieusement la reprise des programmes. J’avais oublié le plaisir, et comme dit Machiavel : EN politique, le choix est rarement entre le bien et le mal, mais entre le pire et le moindre mal. Ce sera sans conteste 2h30 devant la TV ; sans modération. 

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